Interview en duo : Chris Red

Prenez un biscuit, une tasse de thé et un petit coussin moelleux. Pour cette interview à deux (avec Cristy, ma partenaire) nous avons été très bavarde, nous sommes des filles que voulez-vous.

Il y a maintenant plusieurs jours, Cristy est venue me chercher avec son navire pour une petite escale à deux dans l'archipel des Quatre éléments, plus exactement sur l'île Voyage à Shamballa.
L'escale nous a tellement plu que ni une ni deux nous avons kidnappé l'auteur (Chris Red) pour un petit interrogatoire, en règle, dans la cabine du capitaine (c’est-à-dire Cristy).
Le loustic n'était pas commode et il a bien failli passer plusieurs fois par dessus bord, mais il a très vite compris qu'on était pas là pour beurrer les tartines (référence au livre) et voici ce qu'il nous a répondu.

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Pouvez-vous vous présenter brièvement à nos lecteurs qui ne vous connaissent peut-être pas ?

Je vais avoir du mal à ne pas dire des choses banales. Je suis un auteur relativement jeune qui a concrétisé avec l’écriture d’une saga SF un petit rêve d’enfance. Ouvert d’esprit et désireux de m’évader en permanence, j’essaie de donner un cadre à mes rêves par l’intermédiaire de l’écriture.

Qu'est-ce qui vous pousse à écrire, d'une manière générale, d'où vous vient cette passion de l'écriture et quelles sont vos inspirations pour écrire ?

Cette passion de l’écriture vient essentiellement, je pense, de ma passion de lire qui me vient de mon enfance et notamment de ma grand-mère maternelle. Quand on grandit en lisant des livres, je pense qu’on a presque tous l’envie de transformer ce plaisir et de devenir à son tour l’auteur, celui qui transmet son propre message, alors on ne le concrétise pas forcément tous ou on prend son temps, je ne sais pas si on doit tous assouvir ce désir, mais c’est ce qui m’est arrivé. Mes inspirations, si on y réfléchit bien, sont nombreuses. Trois auteurs phares me viennent à l’esprit en premier lieu, Tolkien, Alexandre Dumas et Stephen King, ce qui ne veut pas dire que je me considère comme dans faisant partie de la même catégorie. Je pense aussi à Uderzo et Goscinny, car leurs bandes dessinées ont, elles aussi, bercé mon enfance, et si ils ont leur propre style, là où ils m’ont inspiré, c’est par leur faculté à diffuser un message par l’intermédiaire de la fiction, un message où j’avais souvent l’impression de me reconnaître dedans. Et puis ensuite, il y a aussi les inspirations de la vie de tous les jours, les proches dont on peut se servir pour créer des personnages, en exagérant des traits de caractère, il y a des situations anodines qui peuvent donner naissance à des situations dans les romans. Je n’ai pas d’exemple en tête mais il y en a plein pourtant.

Pour Les Quatre éléments, comment vous est venue l'idée et comment en êtes-vous venu à choisir de la science-fiction post apocalyptique pour raconter l’histoire ?

L’idée des quatre éléments, à savoir l’eau, le feu, l’air et la terre ne m’est pas venue tout de suite. Elle s’est immiscée au fur et à mesure que je progressais dans l’écriture. Elle est intervenue à partir du moment où dans ma vie personnelle, j’ai fait évoluer mon comportement et suis devenu plus attentif de l’environnement, des êtres vivants, et également de mon propre corps. Le côté post-apocalyptique, il était présent dès le début dans mon esprit car je voulais façonner un monde différent du nôtre. Je voulais tout détruire pour reconstruire quelque chose de différent, plus à l’image de ce que j’aimerais, tout en y ajoutant une part de fantastique. Depuis que je suis jeune, je me sens prisonnier dans notre société de consommation, entre l’obligation de devoir suivre un chemin prédéfini qui nous dirige vers le monde du travail, les voitures, les bâtiments, la pollution, l’accumulation d’objets technologiques et leur amélioration permanente, etc. L’apocalypse permettait, dans mon esprit, les clivages qui existent entre les hommes (religions, nations, politiques) et donc d’éliminer des barrières et frontières qui, je pense, nous divisent. Néanmoins, si dans mon roman, j’utilise l’Apocalypse pour tout détruire, je crains que cela ne soit dans la réalité une suite logique inhérente à la façon dont on traite la planète qui nous héberge. Enfin, je dirais que je voulais aussi redorer le blason de ce terme. Car on l’associe à destruction, fin des temps, mort, désolation, etc. mais il signifie en réalité « révélation », et cela me paraissait aller de soi que le seul moyen de permettre une nouvelle ère, empreinte d’une autre philosophie, était de tout casser si je puis dire.

Le second tome est clairement Planet Opera (il se déroule sur une planète éloignée de la Terre, avec très peu de personnages du premier), pourquoi ce choix de faire varier le genre ? N’aviez-vous pas peur de perdre le lecteur ?

Je voulais, dès le début, partir progressivement dans un univers un peu Planet Opera, je voulais précisément emmener le lecteur dans cette direction. Je suis un enfant dont les yeux brillent lorsque je contemple les étoiles. Les épisodes de Star Wars m’ont marqué durant mon enfance, j’adore vraiment ouvrir mon esprit et j’ai toujours rêvé de pouvoir vivre dans un monde où on pourrait côtoyer d’autres espèces. Le premier tome me permettait, de mon point de vue, d’installer les bases de mon univers afin de rendre tout le reste possible. Quant au tome 2, il me permettait d’élargir les horizons et de ne pas faire en sorte que les tomes se ressemblent. Par exemple, j’ai lu plusieurs volets de la série Autre-Monde de Maxime Chattam, c’est sympathique, j’aime bien, mais je trouvais que les intrigues se ressemblaient beaucoup et que les tomes ne se différenciaient pas vraiment. Et puis, je voulais également donner une autre dimension aux quatre éléments, à savoir les quatre personnages principaux, pour justifier leur rôle de messager qui se confirme dans le tome 3. Il y a de nombreuses raisons qui expliquent ces choix et je ne suis pas sûr d’être en mesure de les répertorier toutes.

A quel moment vous êtes-vous dit que la saga ferait 4 tomes et pourquoi ?

Vers la fin de l’écriture du tome 2, alors que je commençais à appréhender celle du tome 3. Honnêtement, je me suis fié à mon instinct, et aussi aux remarques de certaines personnes, dont le Capitaine Cristy, et puis j’aimais bien le chiffre 4 et ça me paraissait logique que pour une série qui s’intitule Les Quatre Éléments, elle se découpe en quatre volets. Au début, le projet représentant une certaine quantité de travail, j’avais opté pour une trilogie mais, en cours de route, je me suis rendu compte qu’il fallait en écrire quatre.

Dans vos livres, vous parlez indirectement beaucoup de vous, du monde d'aujourd'hui, des courants de pensée en tous genres, quelles sont vos motivations pour insérer autant dans une histoire fictive ? Et jusqu'où vous êtes vous inspiré de votre vie personnelle ?

Mes motivations sont simples, faire partager de façon ludique un message qui est le fruit de mes réflexions personnelles. Rêver, s’évader par l’intermédiaire de l’imagination tout en réfléchissant et en se posant les bonnes questions. Certes, je propose mes réponses, mais cela ne reste que des suggestions et je chercher à inviter le lecteur à se poser ses interrogations et à se trouver ses propres réponses.

Ensuite, je me suis inspiré de ma vie personnelle dans ma façon d’aborder la vie et dans mes convictions (végétarisme, réincarnation, méditation) qui font partie de ma réalité et de ma vie quotidienne. J’ai ressenti notamment les chakras d’une façon proche à celle dont je les narre par l’intermédiaire de Natan dans le premier tome. J’ai également été témoin de certains phénomènes qui m’ont inspiré dans le tome 3, mais je pense qu’il vaut mieux conserver une part de mystère et ne pas en dire plus.

Quels sont vos projets après la fin de la saga ?

En termes d’écriture, ils ne sont pas complètement définis. Il y a un projet que je dois achever, en collaboration avec mon frère, où on a décidé de mettre sur papier une histoire de super-héros, un peu comme les comics, mais en roman, où on écrirait chacun l’histoire d’un personnage. Le lecteur alternerait entre les deux jusqu’à les sentir se rapprocher l’un de l’autre. Ensuite, je pense que j’essaierais d’écrire quelques nouvelles, mais je n’ai pas forcément d’idée précise en tête. Je ne pense pas me relancer de suite dans l’écriture d’une saga car c’est très exigeant et un peu épuisant nerveusement. Mais j’aimerais bien écrire un ou deux romans dans un autre genre, un peu plus héroïc-fantasy, par exemple, j’aime beaucoup tout ce qui touche aux elfes, aux nains, etc. Mais bon, beaucoup de très bonnes choses ont été écrites dans cet univers, alors je ne sais pas si cela sera bien nécessaire.

Vous avez publié en auto-édition, voici quelques questions à ce sujet :

Qu'avez-vous ressenti au moment d'effectuer le dernier clic (c’est imagé mais on aura compris le concept) qui vous a fait passer d’inconnu à auteur auto-publié ?

J’aurai bien envie de taper en touche pour le coup, car je ne suis pas sûr de pouvoir bien répondre à la question. Je crois que je me suis surtout dit « ça y est, tu es allé jusqu’au bout, ça fonctionne, ça ne fonctionne pas, ce n’est pas grave, mais au moins tu es allé au bout de ton projet. »

Que vous a apporté l’auto-édition ? Pensez-vous que l’auto-édition donne plus de mérite à l’auteur ou c’est juste l’auteur publié qui a eu plus de chance ? Et pensez-vous que l'auto-édition est un frein à la créativité ?

Bonne question. Elle m’a apporté l’indépendance et la liberté, la garantie de ne pas être censuré. Je ne pense pas que l’on doive comparer auto-édition et maisons d’édition, chacun a son parcours qui lui est propre. Il y a des auteurs de qualité un peu partout. Toutefois, je ne pense pas que l’auto-édition soit un frein à la créativité. Je ne vois pas pourquoi. J’ai lu d’autres auteurs auto-édités et j’y ai vu beaucoup d’imagination et de talent, je pense à Fémi Peters qui a su rendre hommage à la littérature, sa passion, avec brio avec Notre-Dame-des-Lettres mais aussi à Deïmian, qui a donné naissance à une trilogie SF, Origine, qui n’a rien à envier, à mes yeux, à ce que l’on peut trouver dans les librairies des centres commerciaux ou à Gabrielle Jeantet qui a publié récemment Eden : Les Disparus et dont je lui trouve beaucoup de qualités. Après, ce n’est pas toujours évident de trouver la maison d’édition qui nous correspond, mais chacun son chemin. Personnellement, j’avoue prendre du plaisir à tout gérer, aussi bien élaborer les couvertures, que façonner mon site Web ou préparer les versions numérique mais surtout papier. Seul le caractère promotion me fait défaut, mais j’avoue aimer offrir mon roman à des internautes et m’en remettre à eux.
Passons un peu à vous en tant que lecteur :

Quels sont les genres de livres que vous aimez lire ? Pouvez-vous nous citer un de vos livres préférés (ou un qui vous a vraiment marqué) et pourquoi pas aussi un livre que vous n'avez pas aimé du tout ?

Je suis très éclectique, je lis un peu de tout, même si, en ce moment, je suis dans une phase un peu fantasy. J’aime beaucoup Stefan Zweig et plusieurs de ses nouvelles m’ont énormément marqué, c’est un virtuose pour moi. S’il fallait n’en citer qu’une, sans hésiter, ce serait Le joueur d’échecs. Après, j’ai beaucoup aimé lire des histoires aventures, de cape et d’épée dans mon enfance (L’Ile au trésor, Le comte de Monte-Cristo), j’ai lu Jules Verne, H. G. Wells, George Orwell également. Tolkien et son Seigneur des Anneaux m’a également fasciné, sans oublier Stephen King. Récemment, je suis tombé sous le charme de Magali Ségura et de Gabriel Katz. Et puis j’ai eu une période où je me suis intéressé à des livres mélangeant action, aventure et historique avec Steve Berry et Dan Brown. Classique, SF, fantasy, polar, je peux lire de tout, j’évite seulement les histoires à l ‘eau de rose, même si j’aime la romance dans les livres. Maintenant, si je dois n’en sortir qu’un, je dirais Shutter Island, qui m’a transporté dans un autre monde.

En revanche, je n’aime pas trop dire du mal des gens, il n’y a pas vraiment de livre que je n’ai pas aimé du tout, simplement des livres qui m’ont déçu, si je dois en citer un, ça sera L’Alchimiste de Paulo Coelho, mais c’est vraiment pour des raisons de style et de perception car c’est un auteur de talent et un ouvrage qui a du sens et dont je comprends le succès.

Avez-vous une PàL (Pile à Lire) en ce moment ? Et si oui, pouvez-vous nous en donner quelques titres ?

Je ne constitue pas de PàL au sens propre, mais j’ai toujours des livres en attente d’être lus. Alors, il faut que je termine la série Le Puits des Mémoires de Gabriel Katz, que je lise également La Maîtresse de Guerre, du même auteur, terminer la série Éternité de Magali Ségura avec Des Dunes sous le Vent, Vauriens, un épisode de l’univers Star Wars qui met en scène Han Solo. Il y a plein d’autres livres que j’aimerais lire mais que je ne me suis pas encore procurés et actuellement, je lis Même pas mort de Jean-Philippe Jaworski.

Consultez-vous régulièrement des blogs littéraires ? Et si oui lesquels ?

Pas vraiment. Enfin, pas avant de nouer des partenariats avec certains bloggueurs, enfin bloggueuses essentiellement. Maintenant, je m’intéresse à ces blogs littéraires. Je visite régulièrement Le Navire dévoreur de livres de Cristy et Un livre peut en cacher un autre de Madame Love, mais je compte aussi suivre Le Blog de Wolkaiw, et sûrement d’autres m’attendent, mais entre ma vie de famille, les préoccupations quotidiennes, l’écriture, etc. Il n’est pas évident de suivre tout le monde.

Autres questions :

Connaissez-vous le NaNoWriMo (National Novel Writing Month) ? Et si oui, qu’en pensez-vous, est-ce que ça vous intéresse ?

Non, je ne connais pas. Je me suis souvent intéressé aux livres mais très peu à ce qui gravite autour. Je plaide coupable.

Êtes-vous un auteur heureux ?

Ça dépend la conception que l’on a du bonheur, mais oui je suis heureux, aussi bien en tant qu’homme qu’en tant qu’auteur. Je prends du plaisir lorsque j’écris et j’ai de la chance d’avoir un contact avec quelques personnes qui apprécient mon travail. Il ne m’en faut pas plus.

Cette interview a été réalisé par Madame_Love (Un livre peut en cacher un autre) et Cristy (Le navire dévoreur de livres).

Les livres de l'auteur :

NouvelleEre3 felicite shamballa nouvellesFantastiques

Le site de l'auteur : www.chrisreduniverse.com

4 commentaires pour “Interview en duo : Chris Red”

  1. Cristy 19 avril 2015 16:18

    Belle présentation 🙂 On kidnappe qui pour la prochaine ? mdr

    • Madame_Love 19 avril 2015 16:27

      Merci, moi qui trouvais que ta présentation était mille fois mieux lol^^

      Oh, je ne sais…

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